En bref
« Sans franchise » désigne une option payante qui supprime le reste à charge sur quelques garanties précises, pas sur tout le contrat. Une franchise résiste à toutes les options : celle de la garantie catastrophes naturelles, fixée par la loi à 380 € par véhicule, et à 1 520 € pour les dommages de sécheresse. L’arbitrage se fait en comparant le surcoût annuel de l’option au montant de franchise réellement évité.
Ce que le mot franchise recouvre selon les contrats, ce que l’option supprime et ce qu’elle laisse, la franchise que la loi impose quoi qu’il arrive, les cas où rien n’est dû, et le calcul qui tranche.
Ce qu’une franchise fait sur votre facture
La franchise est la part des frais qui reste à votre charge une fois l’indemnisation versée. Elle n’est pas imposée par la loi : rien n’oblige un assureur à en prévoir une, et rien n’interdit à un contrat de s’en passer. En pratique, la quasi-totalité des contrats en comportent une.
Deux mécanismes existent, et ils ne produisent pas du tout le même résultat. La franchise absolue est déduite de l’indemnité dans tous les cas : par exemple, 400 € de franchise sur 1 200 € de réparations laissent 800 € d’indemnité.
La franchise relative, elle, fonctionne comme un seuil de déclenchement. En dessous du montant, l’assureur ne paie rien ; au-dessus, il rembourse la totalité. Sur ce même exemple à 1 200 €, une franchise relative de 400 € donne 1 200 € d’indemnité.
Le montant, enfin, se calcule de trois manières : une somme fixe, un pourcentage des dommages, ou un pourcentage assorti d’un plancher et d’un plafond. Ces trois formules coexistent dans un même contrat, garantie par garantie.
Ce que l’option zéro franchise supprime, et ce qu’elle laisse
L’expression circule comme si elle décrivait un contrat entier. Elle désigne presque toujours une option payante, adossée à certaines garanties seulement.
Les garanties concernées sont à peu près toujours les mêmes : bris de glace, vol et tentative de vol, incendie, parfois dommages tous accidents. Le reste du contrat conserve ses franchises, avec leurs mécanismes et leurs montants propres.
La lecture utile ne se fait donc pas sur la page commerciale, mais dans le tableau des garanties des conditions générales, colonne par colonne. Une option qui annonce zéro franchise sur le bris de glace ne dit rien de ce qui s’applique après un accident responsable.
Si vous déclarez un sinistre tous les cinq ans, le calcul de la section suivante réglera la question plus vite que la brochure.
La franchise que personne ne peut supprimer
Un cas échappe entièrement à la liberté contractuelle, et aucune des pages qui vantent le zéro franchise ne le mentionne. En catastrophe naturelle, la franchise est fixée par la loi.
Le montant est de 380 € par véhicule terrestre à moteur endommagé, quel que soit son usage, et de 1 520 € pour les dommages dus aux mouvements de terrain consécutifs à la sécheresse ou à la réhydratation des sols. Ces montants, en vigueur en 2026, figurent à l’annexe I de l’article A125-1 du code des assurances. Aucune option ne les supprime : un contrat vendu sans franchise en comporte une pour ce risque.
La contrepartie tient dans les délais, eux aussi encadrés : une provision est versée dans les 21 jours suivant la déclaration, et l’indemnisation complète intervient dans un délai maximal de trois mois.
Ce point mérite d’autant plus d’attention que les épisodes d’inondation et de grêle concernent chaque année des milliers de véhicules garés dehors, sans aucune faute de leur propriétaire.
Les cas où vous ne payez déjà aucune franchise
Avant de payer pour supprimer une franchise, encore faut-il savoir quand elle s’applique réellement. Un accident dans lequel vous n’êtes pas responsable, avec un tiers identifié, ne laisse aucun reste à charge : l’assureur se retourne contre celui de l’autre conducteur et récupère la somme.
La franchise vous est parfois avancée puis remboursée à l’issue du recours. Le délai peut atteindre plusieurs mois, mais l’argent revient. L’option zéro franchise ne fait alors que déplacer une avance de trésorerie.
Le cas se complique quand le tiers n’est pas identifié : stationnement percuté sans témoin, délit de fuite. Là, la franchise reste due, et c’est précisément le scénario que l’option couvre utilement. Certains sinistres relèvent d’ailleurs de garanties particulières, comme un dégât qui n’est pas toujours couvert, avec leur propre franchise.
À partir de quand l’option devient rentable
Le calcul tient en une ligne : l’option est rentable si le surcoût annuel, multiplié par le nombre d’années sans sinistre, reste inférieur à la franchise évitée le jour où le sinistre survient.
Prenons une franchise de 400 € et une option facturée 60 € par an, deux valeurs prises comme hypothèses de calcul et non comme un relevé de prix.
| Fréquence des sinistres responsables | Coût de l’option sur la période | Franchise évitée | Résultat |
|---|---|---|---|
| Un sinistre par an | 60 € | 400 € | Nettement favorable |
| Un sinistre tous les 3 ans | 180 € | 400 € | Favorable |
| Un sinistre tous les 7 ans | 420 € | 400 € | Équilibre |
| Aucun sinistre en 10 ans | 600 € | 0 € | Perte sèche |
Le point d’équilibre se situe donc autour du rapport entre la franchise et le surcoût : 400 divisé par 60 donne un peu moins de 7 ans. Un conducteur qui déclare un sinistre responsable moins souvent que cela paie l’option plus cher qu’elle ne rapporte.
Ce raisonnement suppose de regarder son propre historique, pas une moyenne nationale. Le relevé d’information fourni par l’assureur donne la liste des sinistres déclarés sur les cinq dernières années : c’est le seul chiffre qui compte ici.
Ce qu’il faut lire dans votre contrat avant de décider
Trois lignes suffisent à trancher. Le tableau des garanties, pour voir quelles franchises l’option supprime vraiment. Le montant de chaque franchise, garantie par garantie, et son mécanisme, absolu ou relatif. Le surcoût annuel de l’option, isolé du reste de la cotisation.
Si le calcul penche du mauvais côté, la sortie est encadrée : changer de contrat après un an se fait à tout moment et sans justification.
Sources
- Service-public.gouv.fr, « Franchise d’assurance automobile : comment ça marche ? », fiche F2706, mise à jour du 14 avril 2025
- Code des assurances, annexe I de l’article A125-1, franchises applicables en catastrophe naturelle
- Code des assurances, chapitre relatif à l’assurance des risques de catastrophes naturelles

