Accidents de trottinette : les morts se comptent, les blessés graves s’estiment

Trottinettes : 80 tués en 2025 sont comptés, les 1 100 blessés graves sont une estimation. Ce que le bilan de l’ONISR calcule et ce qu’il suppose.

Par La rédaction de Trajectoire · Publié le 19 octobre 2026 · 2 min de lecture
Accidents de trottinette : les morts se comptent, les blessés graves s'estiment

En bref

Le bilan provisoire 2025 de l’ONISR compte 80 utilisateurs d’engins de déplacement personnel motorisés tués, 35 de plus qu’en 2024. Les 1 100 blessés graves sont, eux, une estimation, calculée avec des ratios établis sur 2012-2016, avant l’essor des trottinettes, dont le sous-enregistrement a été jugé comparable à celui des vélos.

Les chiffres d’accidents de trottinette circulent en pourcentages de hausse. Voici ce qui est compté, ce qui est estimé, sur quoi repose l’estimation, puis comment lire ces chiffres.

Ce qui est compté : les tués

Le bilan provisoire 2025, publié en janvier 2026 pour la France métropolitaine, donne pour les engins de déplacement personnel motorisés, ou EDPm, dont les trottinettes électriques :

Indicateur 2025 (provisoire)Valeur
Utilisateurs d’EDPm tués80, dont 71 hommes
Évolution sur un an35 tués de plus qu’en 2024
Tués en agglomération60, soit deux fois plus qu’en 2024
Âge de deux tiers des tués18 à 44 ans

Le bilan présente les tués comme un résultat, et les blessés graves comme « estimés ». Les résultats définitifs sont publiés en mai.

Ce qui est estimé : les blessés graves

Le nombre de blessés graves en EDPm est estimé à 1 100 en 2025, soit + 33 % par rapport à 2024. Cet effectif ne se lit pas dans un registre : il est calculé. Les forces de l’ordre n’enregistrent pas tous les accidents, et l’Université Gustave Eiffel estime les blessés en comparant les fichiers des forces de l’ordre au Registre du Rhône, par une méthode de capture-recapture.

Sur quoi repose l’estimation pour les trottinettes

La dernière estimation de l’Université Gustave Eiffel s’arrête provisoirement à 2016. Le bilan en tire des ratios, calculés sur 2012-2016, qu’il multiplie ensuite par les blessés enregistrés chaque année de 2017 à l’année en cours. Or les EDPm étaient peu utilisés avant 2018, et donc peu présents dans ces années de référence.

Important

Le bilan écrit que pour les EDPm, peu utilisés avant 2018, l’Université Gustave Eiffel a identifié en 2019 des niveaux de sous-enregistrement comparables aux vélos. Le sous-enregistrement varie fortement selon le type d’accident : très élevé pour un cycliste seul hors agglomération, assez faible pour un accident grave entre deux véhicules motorisés en ville.

Pour les trottinettes, le bilan mentionne seulement une observation de 2019, un sous-enregistrement comparable aux vélos. Les ratios, calculés par mode de déplacement, gravité et force de l’ordre sur une période où les EDPm étaient peu utilisés, ne se lisent pas comme une mesure propre aux trottinettes : le bilan ne détaille pas ceux qu’il leur applique. Il donne cet effectif pour fixer un ordre de grandeur de la morbidité.

Comment lire ces chiffres

  • Un nombre de tués se compare d’une année à l’autre : 80 en 2025 contre 45 en 2024.
  • Un nombre de blessés graves se lit comme un ordre de grandeur, pas comme un compte : c’est le rôle que le bilan lui donne.
  • Un pourcentage de hausse dépend de la base : 35 tués de plus se traduisent par une hausse de près de 78 % parce que le point de départ est faible.
  • Aucun de ces chiffres n’est un risque par trajet : les bilans lus ne donnent pas le nombre de kilomètres parcourus.

Combien de kilomètres faites-vous vraiment chaque jour ? Le risque d’un trajet dépend de la distance, de la vitesse et de la route, pas du seul total national. Pour la vitesse permise, voir la vitesse d’une trottinette électrique, et pour l’assurance, assurer une trottinette de moins de 25 km/h.

Casque de vélo posé sur une trottinette électrique pliée sur un trottoir

Sources

  • ONISR, « Bilan provisoire 2025 de l’accidentalité routière », 30 janvier 2026
  • ONISR, « Bilan 2025 de la sécurité routière »

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La rédaction de Trajectoire

La rédaction de Trajectoire signe les articles du magazine. Elle lit les fiches techniques, les mesures publiées par des sources indépendantes et les textes qui fixent les règles, vérifie chaque chiffre à sa source et cite ce qui le porte. Elle préfère dire ce qu'un véhicule ne sait pas faire plutôt que d'aligner des arguments de vendeur.

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